• Du nouveau du côté des réseaux européens !

  • 24 Mar 11
  • Une conférence sociale conjointe* s’est tenue à Bruxelles les 14 et 15 septembre 2009.

    Elle a regroupé 20 pays avec 22 confédérations syndicales et 22 réseaux, mouvements sociaux ou ONG, tous intéressés par les enjeux sociaux européens. Cette rencontre fait suite à des séminaires organisés dans le cadre des forums sociaux, notamment au sein du réseau « Labour & Globalisation ».

     

    Cette première conférence a montré le désir de poursuivre l’intégration dans le processus des forums sociaux européens mais aussi la nécessité de disposer d’un espace pour travailler ensemble d’une façon plus formalisée, afin d’approfondir les analyses et de renforcer les coopérations.

    Ces dernières années, l’ensemble des réseaux présents ont mené des combats communs contre l’agenda « social » de l’Union européenne (directive Bolkestein ; privatisation des services publics ; jugements Laval & Viking…). Aujourd’hui apparaît la nécessité pour ces réseaux d’établir leur propre agenda et de le faire entendre.

    ‒ Il faut travailler à un nouveau modèle de développement pour l’Europe, soutenable et basé sur la justice et la solidarité. Ce travail s’effectue dans un contexte de crise climatique et financière et de régression sociale. Il est nécessaire de travailler l’esprit ouvert et de promouvoir de réels débats. L’objectif est de définir des perspectives de moyen terme et des stratégies concertées sur la base d’échanges ouverts. En ce sens, notre priorité actuelle n’est pas de produire des déclarations finales ni d’élaborer une plate-forme commune.

    Il faut avancer pas à pas dans une perspective de moyen terme ; les résultats immédiats de la conférence 2009 sont importants mais ils doivent contribuer, les prochaines années, au développement d’un mouvement social plus large et plus puissant en Europe.

    Le fait de travailler et réfléchir ensemble, en se donnant suffisamment de temps, pas en une seule fois, permettra à chacun-e d’approfondir ses analyses dans chacune des organisations respectives – et aussi dans un travail entre organisations.

    ‒ Ce réseau dit « conférence sociale conjointe » se fixe l’objectif suivant.

    Dans une perspective de moyen terme, nous croyons qu’un mouvement social plus large, avec des syndicats et les principaux réseaux, mouvements ou ONG européens, doit établir son propre agenda et le faire entendre face à celui du « Sommet de Printemps » tenu en mars de chaque année par les chefs d’États des 27 membres de l’UE. Ce « Sommet de Printemps » constitue l’expression symbolique fondamentale des orientations politiques de l’UE.

    Nous travaillons donc, cette année, à un processus de recherche et de « trust-building », avec notre première « conférence sociale conjointe ». Cette rencontre (avec 120 personnes travaillant ensemble pendant une journée et demie) n’est donc pas, en elle-même, notre objectif final. C’est un premier pas dans un processus de construction de confiance entre syndicats et mouvements, pour réfléchir à un espace et à une méthodologie d’approfondissement de nos analyses, pour renforcer nos points communs et prendre la mesure de nos différences.

    Cette conférence a abordé deux thèmes principaux.

    1. Comment faire face aux politiques de dumping ?

    La compétitivité est-elle la solution… ou le problème ? Le dumping social surtout (mais aussi le dumping fiscal ou environnemental) est la pire réponse à la crise globale. Comment échapper à cette « spirale vers le bas » ? Que nous reste-t-il comme marges de manœuvre, dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, pour des politiques sociales ou « vertes », si la compétitivité reste le premier objectif de l’UE ? Les syndicats et les mouvements peuvent-ils combattre les politiques antisociales au niveau national ? Ou devons-nous nous unir sur un agenda anti-dumping crédible ? Et si oui… comment ?

    2. Comment créer et sauvegarder des emplois décents dans une économie « post-Kyoto » et «  post-crash » ? La crise financière et économique va détruire des millions d’emplois. Dans certains États membres, la solution semble être de relancer purement et simplement la bonne vieille économie des années 1970 : davantage de voitures, de routes, de n’importe quoi, du moment que cela crée des emplois. Mais sans doute la première idée, ou la plus simple, n’est-elle pas nécessairement la meilleure… Peut-être avons-nous quelques leçons à tirer de l’analyse des causes (réelles) de la crise financière et des limites de notre économie basée sur le carbone. Et cela ne pourrait-il pas être une bonne opportunité d’imaginer de nouveaux emplois, décents, soutenables, et utiles ?…

    Les débats et conclusions de cette rencontre ont mis en avant la nécessité de disposer de ce type d’espace afin de pouvoir approfondir les problèmes, notamment ceux du dumping social et de la question sociale, du travail décent en relation avec le développement durable.

    Il y a d’ores et déjà un accord unanime sur les droits liés au travail et sur la nécessité de revendications conjointes concernant l’emploi et le développement durable ; mais il ne faut pas s’en tenir à cette question des droits. La nécessité de se confronter sur les stratégies et la reconquête de pouvoirs par les salariés et l’ensemble des citoyens est encore devant nous.

    Cette conférence a marqué la volonté pour toutes les forces présentes de travailler ensemble de manière approfondie. Espérons que cette conférence sociale enrichira par son travail l’ensemble du processus des forums, car une fragmentation du mouvement serait préjudiciable à nous tous.

     

    * Membres du Comité d’initiative :

    Attac France + Allemagne + Belgique + Autriche, CES & ETUIEurope, CGIL Italie, CGT France,CSC Belgique, EAPN Europe, FGTB Belgique, Amis de la terre Europe, FSU France, Labor and Globalisation Europe, Campaing for Welfare State Norvège, Réseau IPAM / AITEC France, Romanian Social Forum Roumanie, S2B – Seattle to Brussels Europe, Solidaires France, Solidar-Social Platform Europe, VER.DI Allemagne.