• Editorial

  • 06 Jun 11
  • Ce nouveau numéro de notre revue paraît au moment où se réunit le congrès du Parti de la gauche européenne (PGE). Nous avons tout mis en œuvre pour être au rendez-vous de cet événement. En effet, le réseau Transform est reconnu par l’UE comme Fondation politique associée au PGE. Notre revue s’intéresse donc particulièrement à ce congrès et s’en fera l’écho dans sa pro- chaine édition, au printemps 2011. Nous souhaitons, par ailleurs, être utiles à la réflexion menée au sein du PGE.

    Dans ces pages, nous avons voulu mettre en valeur l’étude du grand so- ciologue américain, Immanuel Wallerstein dont les importants travaux sur le « système-monde » nourrissent la réflexion sur les contradictions engendrées par la dichotomie entre capital et travail. Ici, son analyse porte sur les crises structurelles, leurs caractéristiques, les opportunités qu’elles ouvrent. Le dossier principal porte sur la crise. Il est évident que la situation française nous rend particulièrement attentifs aux perspectives qui peuvent émerger des résistances actuelles et du mouvement des consciences si la gauche radicale sait être au rendez-vous. Ce dossier vous est présenté de façon plus détaillée dans les pages qui suivent.

    Vous constaterez par ailleurs que la question de la crise est présente dans la plupart des articles. Comment pourrait-il en être autrement ? Elle traverse toutes les dimensions de la société et la dégradation de la situation politique dans bien des pays n’y échappe pas, ouvrant la voie aux dérives autoritaires et populistes. Dans la section consacrée aux forums sociaux, Judith Delheim et Franco Russo présentent les défis auxquels est confronté le forum social européen ; Francine Mestrum tirant les enseignements du forum social des États-Unis et du forum social européen expose les enjeux du prochain forum social mondial de Dakar, début 2011 et Demba Moussa Dembele enrichit cette réflexion de son regard sur l’Afrique.

    Dans la partie « Études européennes », Karola Boger, Thomas Händel et Franck Puskarev présentent un travail effectué par la Fondation Rosa Luxemburg concernant les attaques contre la durée du travail. Dans les « Chroniques », Walter Baier s’empare de la réflexion développée par Gramsci, durant les années de la crise de 1929, concernant le développement d’une hégémonie culturelle pour répondre au besoin de « transformation ». Une étude d’Helmut Selinger propose de relever le défi du changement climatique en évaluant le coût des émissions de gaz à effet de serre et Nils Andersson nous montre comment l’Otan tisse sa toile sur l’ensemble de la planète pour en faire, toujours plus, un instrument au service des intérêts des grandes puissances capitalistes.

    Enfin trois articles concernent la situation sur l’échiquier politique aux Pays-Bas, en Belgique, en Italie et soulignent les difficultés auxquelles est confrontée la gauche alternative dans ces pays face à la désagrégation de la vie politique.

    Michaël Löwy clôt ce numéro en nous livrant ses notes de lecture et ses réflexions concernant la biographie d’Ernest Mandel par Jan Willem Stutje. La couverture et les illustrations de ce numéro sont de Magdalena Steiner. Cette artiste du Conservatoire graphique de Vienne a tout d’abord dessiné des nus et travaillé avec des handicapés au Centre dramatique de Vienne. Elle a fait ses études au Conservatoire des Arts appliqués de Vienne et a, à son actif, de nombreuses expositions, des décors de théâtre, des œuvres calligraphiques ; elle est intervenue dans des écoles, des ateliers, des séminaires. Elle dit de son travail : « L’humain est mon sujet. Les éléments philosophiques, politiques, littéraires, la critique sociale et la religion sont des signifiants. La peinture, le dessin, l’art sont mon langage. Ce langage des images change constamment de couleurs et d’expression ; il est en mouvement ; il caricature ; tantôt fort, tantôt doux, tantôt incompréhensible, brutalement il dévoile. Je ne me laisse ni enfermer ni cataloguer. »