• EuroMemorandum 2022
  • L'UE en 2022, entre crise du Covid-19 et guerre en Ukraine

  • 01 Aug 22 Posted under: Covid-19 , Écologie , Paix et Guerre , Transformation productive
  • L'EuroMemorandum étudie cette année l'échec de l'UE à promouvoir une coopération multilatérale face au Covid-19. L'invasion de l'Ukraine par la Russie marque par ailleurs un tournant dramatique dans le système international et notamment pour le développement politique et économique de l'UE. Comment analyser ces questions ?

    La pandémie de Covid-19 a marqué l'année 2021, comme elle l'avait fait l'année précédente. Le monde a déjà connu trois grandes vagues d'infection par Covid-19. Au moment de la rédaction de cet EuroMemorandum, sévit en Europe une quatrième vague d'infection causée par le nouveau variant Omicron et ses sous-variants récemment découverts. Le Covid-19 a eu un impact profond sur les conditions de vie dans le monde et sur l'économie européenne. Alors que le PIB de l'UE s'est contracté de 5,9 % en 2020, en 2021, le contexte macroéconomique s'est quelque peu amélioré, tous les États membres retrouvant des taux de croissance du PIB positifs. Néanmoins, l'emploi et les salaires réels sont restés à la traîne par rapport à l'évolution de la production. Le chômage a culminé à 8,6 % en septembre 2020, contre 7,4 % en septembre 2019, mais a entamé une tendance à la baisse depuis lors. Si le recours généralisé aux dispositifs de maintien dans l'emploi et aux mesures similaires a eu un effet modérateur sur le chômage, les pertes de revenus qui en ont résulté ont néanmoins été importantes. En 2020, la perte de revenu de l'emploi médian au niveau de l'UE a été estimée à -7,2 %, avec de grandes variations entre les pays et des effets inégaux sur les groupes vulnérables. Cette constatation confirme le schéma général selon lequel la pandémie a frappé différentes régions et différents secteurs avec une force variable, créant ou intensifiant les divergences existantes dans l'UE.

    L'UE a échoué de manière spectaculaire dans sa recherche d'une coopération multilatérale contre la pandémie de Covid-19. Les principaux États industrialisés, dont l'UE, ont plutôt donné la priorité à l'approvisionnement en vaccins de leurs propres populations. Le soutien européen d'un milliard d'euros annoncé par Ursula Von der Leyen en juin 2021 pour renforcer les capacités de production de vaccins en Afrique est largement symbolique. L'échec d'une coopération multilatérale efficace ne se limite toutefois pas à la pandémie du coronavirus, mais s'étend à d'autres domaines clés, notamment la question primordiale du climat. La Conférence des Parties à la Convention-cadre sur les changements climatiques (COP 26 du 31 octobre au 11 novembre 2021 à Glasgow) a donné des résultats modestes. Le dernier rapport du GIEC, publié fin février 2022, souligne que, si les pays ne renforcent pas sensiblement leurs mesures de lutte contre la crise climatique dans les prochaines années, il sera impossible d'atteindre l'objectif clé consistant à limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C d'ici 2100. De plus, l'« écoblanchiment » de mesures importantes, telles que la récente proposition par la Commission européenne de classer le gaz naturel et l'énergie nucléaire parmi les technologies vertes de transition, menace de compromettre tout progrès substantiel.

    L'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui a débuté le 24 février 2022, marque un tournant dramatique pour le système international lui-même et en particulier pour le développement politique et économique de l'UE. Les sanctions économiques sévères imposées à la Russie, ainsi que le soutien militaire massif des États-Unis, de l'UE et d'autres pays à l'Ukraine peuvent sembler justifiés par la violation flagrante du droit international par le gouvernement russe. Néanmoins, ces mesures pourraient contribuer à une escalade de la guerre et exacerber le risque d'un conflit militaire total impliquant les pays de l'OTAN. Pour éviter qu'un tel scénario ne se concrétise, il est urgent de reconsidérer l'approche des sanctions et, surtout, d'intensifier les efforts diplomatiques pour désamorcer le conflit.

    Plus généralement, l'UE devrait repenser son orientation stratégique et résister à l'élan de réarmement et de militarisation. Face à une constellation de crises multiples et à l'urgence climatique, l'UE, voire la communauté internationale dans son ensemble, doit concentrer son capital politique et économique sur la promotion d'une coopération internationale efficace et la consolidation de la paix.

    Plus de 100 économistes, chercheurs et chercheuses en sciences sociales de toute l'Europe mais aussi d'autres continents ont déclaré leur soutien à ce nouvel EuroMemorandum (liste des signataires).

    Vous trouverez l'EuroMemo à droite / ci-dessous (version mobile) en rubrique Documentation (PDF en anglais).

    Résumés de l'EuroMemorandum disponibles :

    (Français) Prise entre la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine : l’UE en 2022

    (Grec) Παγιδευμένη ανάμεσα στην covid-19 και στον πόλεμο στην Ουκρανία: η ΕΕ το 2022

    (Polonais) Kryzys Covid-19 i wojna w Ukrainie: UE w 2022 r. między młotem a kowadłem

    (Allemand) Gefangen zwischen der Covid-19 Krise und dem Krieg in der Ukraine: die EU im Jahr 2022

    (Italien) : Tra Covid-19 e guerra in Ucraina: l'Unione Europea nel 2022 

    L'EuroMemorandum 2022 a été traduit en :

    Allemand : Zwischen Coronakrise und Ukraine-Krieg: Die EU im Jahr 2022

    Sommaire 

    1. Introduction
    2. Transition vers une économie post-pandémique - Le contexte macroéconomique
    3. Les politiques sociales et d'emploi
    4. La guerre en Ukraine et le rôle de l'UE

    Pour aller plus loin :

    EuroMemorandum 2021 — Un agenda global-local post-Covid 19 pour une transformation socioécologique en Europe


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