• Rapport de Séminaire
  • Naviguer entre les stratégies de la Gauche vis-à-vis de l'Europe en temps de crises multiples

  • Auteur Angelina Giannopoulou | 22 Feb 18 | Posted under: Union européenne , La gauche , Stratégies de transformation
  • Ce séminaire est l’une des pierres angulaires de la coopération avancée entre transform! europe et la Fondation Rosa Luxemburg et a lieu chaque années, dans le but de s’attaquer aux questions stratégiques cruciales pour des forces de la Gauche Européenne et la stratégie de la gauche radicale quant à l’intégration européenne.

     

    Les Faits

    Evènement: deux jours de séminaire
    Titre: “ Naviguer entre les stratégies de la Gauche vis-à-vis de l'Europe en temps de multiples crises
    Organisateurs: transform! europe, Rosa Luxemburg Foundation, Society for European Dialogue – SPED (Czech Republic)
    Dates: 16-17 Octobre 2017
    Lieu : locaux de transform! europe’s, Gusshausstrasse 14/3, 1040 Vienne, Autriche
    Facilitator: Angelina Giannopoulou, transform! 

    Rapport 

    En rassemblant des acteurs politiques de différents partis et mouvements, ainsi que de jeunes étudiants et chercheurs de gauche, ainsi que des personnalités de la gauche et des fondations progressistes nous avons tenté d’organiser un débat sur les problématiques clefs des développements politiques actuels en Europe, mais également sur des sujets d’importance historique de la gauche en tant que courant d’idée. 

    Le débat s’est organisé autour de 12 sessions, divisées en fonction de leur pertinence par rapport à la conjoncture politique actuelle et par rapport à la question brûlante de l’intégration européenne comme une stratégie entre souveraineté et démocratie transnationale. Quarante intervenants et une quinzaine de personnes se sont engagés avec ferveur dans un dialogue qui a révélé autant le consensus que les disputes à l’œuvre au sein de la gauche européenne. Ce qui est central dans la période est non seulement que le rapport de force reste défavorable pour la gauche mais également le fait que la gauche (et particulièrement la gauche politique) semble détachée des travailleurs et des travailleuses et des perdants de la mondialisation. Un des buts du séminaire était de préparer les forces organisées autour de la Gauche Européenne à une stratégie qui se déploiera notamment au Forum Européen Progressiste et culminera au point fort des élections européennes 2019. 

    Le séminaire s’est attaqué à trois questions les plus fondamentales : 

    1. Comment la Gauche européenne peut surmonter l’extrême-droite revigorée par la crise dans de nombreux pays ? et à l’échelle de l’ Europe ?
    2. Quelles sont les possibilités stratégiques du changement en Europe ? L’Union Européenne peut-elle se transformer sur la base des traités existants et le cadre qui l’en découle ? Si ce n’est pas le cas, quels sont les perspectives stratégiques d’une tel résultat ?
    3. Quels pourraient être les critères pour une voie alternative pour l’Europe et ces critères peuvent-ils contribuer à la discussion sur l’unité des forces progressives ? Cette unité est-elle une fin en soi ou doit-elle être vu comme un moyen d’arriver à une fin ? 

    En parallèle, une partie de la gauche, qui remet en question le processus d’intégration européenne en tant que tel, base son discours et son analyse sur le concept de souveraineté nationale et d’autodétermination des Etats-nations. La souveraineté et l’autodétermination ont toujours été des éléments clefs de la tradition de gauche. Cependant, la visée internationaliste de la gauche d’une part, et la question de souveraineté populaire et de l’autodétermination d’autre part sont indéniablement des points de faiblesse du raisonnement de la gauche. Que veut dire la souveraineté dans un monde globalisé économiquement et politiquement ? Le retour à la souveraineté nationale peut-il être un élément clef du projet stratégique de la gauche ? Plus encore, il est profondément naïf que la « faction » de ceux qui promeuvent un plan radical d’intégration européenne soient considérés comme faisant l’apologie du néolibéralisme de l’UE. Il est sans aucun doute naïf également de considérer que la « faction » de ceux qui prêchent un départ de l’UE, soulignant ses impasses soient condamnés à être assimilés à des nationalistes ou même pire des racistes.

    La table ronde qui a eu lieu sur le thème « Un plan alternatif pour l’Europe : désigner les critères et les conditions, trouver des alliés pour la stratégie de la gauche. Dialogue entre le PGE, la GUE/NGL et la Plateforme du plan B. », et a été animée par Haris Golemis, conseiller scientifique et stratégique de transform ! europe. Elle a rassemblé différentes personnalités aux points de vue divergents sur les questions cruciales de la gauche, l’Europe et des luttes de notre temps. Etaient présents notamment : Helmut Scholz, député de Die Linke ; Federico Severino, directeur de l’Institut 25M, Sophie Rauszer, collaboratrice pour la GUE/NGL et représentante de la France Insoumise ; Waltraud Fritz-Klackl du secrétariat politique du Parti de la Gauche Européenne, et Tatiana Moutinho, militante du mouvement anti-austérité au Portugal. Cela va sans dire qu’en politique il n’existe parfois pas de « base commune », et que les dilemmes ne peuvent amener qu’à une rupture. Pourtant, la plupart du temps rien n’est tout noir ou tout blanc. Les gens de gauche ont été historiquement forcés de choisir parmi cinquante nuances de gris. En ces temps, il nous faut nous rappeler la dialectique et le matérialisme dialectique. Nous devons passer travailler ces concepts et questions (l’internationalisme, l’intégration européenne, le fédéralisme, la souveraineté, le nationalisme,…) par le prisme du matérialisme dialectique. Cette méthodologie peut produire une interprétation exhaustive de « où nous en sommes et pourquoi ». C’est un pas majeur vers une stratégie qui pourrait relancer la gauche en Europe. Une stratégie dont le cœur serait la politique de classe, une réponse radicale à la question sociale, une nouvelle perception ou une réinvention de la démocratie.

    Les organisateurs du séminaires ont évalué plutôt positivement le séminaire. Non seulement les débats ont été fructueux mais ont réussi à rassembler des personnes de différents milieux, idées, d’âge, régions et disciplines. Cela a donc été en soit une initiative enrichissante. Transform ! a collecté certaines des contributions et présentations (à trouver sur votre droite, une liste  qui sera complétée) et comme chaque année, en lien avec la Fondation Rosa Luxembourg, nous produirons une documentation du séminaire qui sera diffusée à travers nos réseaux et auprès de nos partenaires, sous la forme d’un matériel préparatoire pour le prochain séminaire stratégique des deux fondations qui aura lieu en juillet 2018. 


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