• Conscience politique – Évolution de l’hégémonie culturelle et politique dans le contexte de crise Nouveaux défis pour la gauche

  • Par Elisabeth Gauthier | 20 Sep 12
  • Bref compte rendu d'un atelier organisé par tranform! europe et Espaces Marx, Paris, 6-7 septembre 2012

    Le coup d'envoi de l'Assemblée générale de transform! a été donné les 6 et septembre 2012 à Paris par un séminaire co-organisé par Espaces Marx. Sur la base de contributions de différents pays, l’objectif était d'examiner le développement de la conscience politique dans le contexte de la crise et la question de l'hégémonie culturelle et politique comme défi pour la gauche.

    L'enquête « Le peuple, la crise et la politique » (Guy Michelat / Michel Simon) a étudié les brèches et les contradictions liées à l'appartenance sociale et de classe. Hajo Holst (avec une équipe de recherche dirigée par Klaus Dörre, Université de Iena, Allemagne) a développé la contradiction existante entre la critique du capitalisme et l'opinion selon laquelle il est impossible de transformer la société à partir de ses fondements. Le retour d'un vote de classe significatif à l'occasion des élections législatives grecques provoquant un séisme politique a été décrit en détail par Christoforos Vernadakis (Professeur de sciences politiques, Thessalonique). Michel Vakaloulis (Université Paris VIII) a présenté des résultats préliminaires d'une étude européenne sur « les jeunes et l'activité politique » sur fond d’extension de l’« économie de l'insécurité ».

    Dans la deuxième partie, l'Etat et le développement du pouvoir politique et idéologique ont été examinés en se référant à différents concepts - en particulier ceux qui ont été développés par Gramsci ou Foucault. Sophie Heine (politologue, ULB) a souligné qu'un projet viable à gauche a comme condition préalable la compréhension moderne de l'intérêt et de la liberté individuels. Partant de la « dissonance cognitive » entre critique et adhésion au système, Steffen Lehndorff (Université de Duisbourg / Essen, Allemagne) a développé le défi de rendre une alternative crédible. Pierre Dardot (philosophe) a interprété la crise de l'UE comme une « crise ouverte de la gouvernementalité néo-libérale », la crise de la dette produisant des effets très disciplinaires et la question de la « subjectivation alternative » acquérant une importance centrale.

    Philippe Marlière (professeur de sciences politique, University College London) a décrit la complexité de l'émergence et du positionnement d'une gauche européenne, alternative et les importants défis auxquels elle est confrontée. À partir de l’exemple de la France, Jean Numa Ducange (Université de Rouen) a illustré l'émergence de « fronts » politiques et sociaux, dans une perspective historique. Armando Steinko (sociologue, Université de Madrid) a analysé les phénomènes actuels de la société espagnole en mettant l'accent sur les mouvements sociaux et la gauche. Laura Corne (Université de Roskilde, Danemark) a abordé les nouveaux aspects du mouvement syndical européen en lien avec la construction néolibérale de l'Europe. Dans l'ensemble, cet atelier a été extrêmement stimulant. Il trouvera écho dans des publications ultérieures. Il nous conforte dans les questions que nous posons et nous encourage à poursuivre ces travaux.