• La politique suédoise flotte dans les airs

  • Par Petter Nilsson | 10 Dec 14 | Posted under: Suède
  • Alors que 2015 est proche, tout ce qui concerne le paysage politique suédois est dans les airs. Dans un pays où les sociaux-démocrates ont détenu le pouvoir - seuls, ou soutenus par un ou deux autres partis - durant presque tout le vingtième siècle, ils sont maintenant même incapables de former une coalition pour faire voter le budget par le Parlement. La semaine dernière, le projet de budget du gouvernement a perdu contre celui de la coalition de l'opposition, et le premier ministre Stefan Löfven a annoncé publiquement qu'il allait convoquer des élections anticipées.

    La coalition gouvernementale actuelle des sociaux-démocrates et les Verts avait négocié le soutien du Parti de gauche pour leur budget. Les années précédentes, cela aurait signifié que le budget allait être voté. L'ancienne convention disposait que, en l'absence de majorité stable, la « plus grande coalition » minoritaire serait autorisée à gouverner avec son propre budget. Mais - comme les événements de la semaine dernière l'ont montré - cette convention ne tient plus.

    Une des causes est la nouvelle réalité d'un fort parti populiste d'extrême droite, les Démocrates suédois, avec près de 13% des voix. Les Démocrates suédois pourraient peut-être plus justement être appelés parti néo-fasciste. Il y a un débat académique et populaire en cours sur cette question, mais il suffit de dire qu'ils se situent dans la lignée du mouvement pour le pouvoir blanc et étaient encore dans les années 1990 une organisation ouvertement fasciste composées principalement de skinheads - et ils excluent chaque semaine des membres pour des déclarations sur les étrangers, l'immigration, les crimes du régime nazi, et ainsi de suite.

    Au-delà des étiquettes, ils ont utilisé leur position de « faiseurs de rois » en tant que parti en dehors des deux grands blocs dans la politique suédoise pour faire échouer le processus budgétaire. Ils ont indiqué clairement qu'ils voteraient pour l'opposition de centre-droit et la proposition de budget de l'« Alliance » - le bloc de la « plus petite minorité » dans ce cas - ce qui fait que c'est ce budget qui a été adopté.

    Cela a laissé le gouvernement démocrate social devant trois choix possibles, dont aucun n'était très attrayant.

    Ils pouvaient démissionner et voir si un nouveau gouvernement pouvait être formé, ce qui est peu probable puisque les sociaux-démocrates et les Verts sont toujours la « plus grande minorité ». Ils pouvaient gouverner avec le budget de leur opposition. Ou enfin, ce qui est finalement arrivé, ils pouvaient choisir les élections anticipées.

    Formellement, cette décision doit attendre le 29 décembre et les élections ne peuvent pas avoir lieu avant le 22 mars. Les sociaux-démocrates ont déclaré qu'ils étaient toujours prêts à former des coalitions partielles sur certaines sujets, pour que un ou deux des partis de l'Alliance de centre-droit laissent passer le budget, mais toutes ces tentatives ont échoué jusqu'à présent. Les Démocrates suédois disent qu'ils veulent faire des prochaines élections un référendum sur « l'immigration de masse » et qu'ils vont bloquer tout budget qui maintient le consensus politique actuel en Suède sur les questions de l'immigration.

    Il s'agit des premières élections partielles en Suède depuis 1958 - et à l'époque, une autre constitution était en vigueur, de sorte que la situation actuelle est tout à fait unique. L'année dernière était une année dite « de super-élection » avec quatre élections en quatre mois, ce qui a épuisé la plupart des partis politiques ainsi que le grand public. Mais même si toutes les affiches électorales n'ont pas encore été retirées, le temps est apparemment venu pour de nouvelles élections.

    La plupart des commentateurs affirment qu'il n'y aura pas de changements majeurs par rapport aux dernières élections - qui qui paralyserait une fois de plus la Suède avec deux coalitions minoritaires, un parti populiste d'extrême-droite, aucun n'étant en mesure de gouverner.

    Le parlement jadis stable et orienté vers le consensus n'existe manifestement plus. Il reste à voir ce qui va le remplacer.


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