• Renforcer les droits des migrants dans la Grande Bretagne post-Brexit

  • Auteur Marina Prentoulis | 11 Oct 17 | Posted under: Grande-Bretagne , Migration/Contre le racisme , Labour
  • A la suite de la crise financière, les réfugiés et les migrants ont constitué un bouc-émissaire de choix. Utilisé par les médias de masse, les politiciens comme par les gens ordinaires, les problèmes de l’Europe ont été condensés dans une image effroyable des « autres ».

    Par « autres », il faut comprendre faisant partir d’autres communautés nationales imaginées et étrangères au projet européen et ce qu’il entend défendre. En Grande-Bretagne, à travers le référendum sur l’EU et après le vote du Brexit, l’immigration (et en particulier l’immigration intra Union Européenne) a été utilisée par le parti conservateur comme la principales raison de voter « Leave » et le probable premier bénéfice pour une Grande-Bretagne post-Brexit.

    Trois ou quatre décennies de néolibéralisme à amener les travailleurs  d’un des pays les plus riches du monde à un tel niveau de désespoir, qu’ils sont prêts à croire au mythe du travailleur européen étranger venant faire baisser les salaires et les concurrencer déloyalement tout en devenant un fardeau du système sociale britannique. Bien pire encore : une partie de la gauche est prête à répéter de tels arguments, en défense de la classe ouvrière britannique (blanche et masculine). Les néolibéraux ont réussi leur coup en faisant confondre à tous, la liberté des travailleurs avec la liberté des peuples, et trop nombreux sont ceux tombés dans le panneau.

    Confronté à l’hostilité de l’opinion publique, le leadership du parti travailliste a tenté de naviguer entre différentes positions contradictoires toutes mises en avant par différents courants au sein du parti.

    D’abord, la branche droite et pro-européenne du parti s’est inquiétée plutôt des risques économiques que des répercussions sur les droits des migrants. En réalité, le marché du travail recrute des travailleurs qualifiés comme non qualifiés dans l’Espace économique européen (EEE). Le système actuel de visa rend pratiquement impossible pour des travailleurs hors EEE de remplir les conditions nécessaires pour leur embauche, ce courant reconnaît donc les conséquences économiques de « la migration contrôlée » et les perspectives désastreuses pour l’économie britannique. Leur priorité est de rester dans le marché unique, mais s’ils peuvent se dispenser de la liberté de circulation, ils le feront.

     

    Ensuite, la branche gauche anti-immigration et anti-UE du parti qui est contre la dépréciation des emplois britanniques. Ils pensent que le contrôle des frontières pourrait permettre à un gouvernement socialiste de protéger le marché (national) du travail des attaques du capital international et accepterait plus (selon leurs dires) d’immigration hors-EEE. Cette position a de l’influence sur le leadership du parti même si elle n’est portée que par peu de gens.

    Enfin, le reste d’entre nous, de la gauche du parti, déterminés à défendre la liberté de circulation et qui aspirons à voir un gouvernement travailliste qui non seulement préservera les droits que nous avons aujourd’hui en tant que migrants mais renforcera également les droits de tous les travailleurs. Les deux collectifs « Un Autre Europe est possible » (AEIP) et Le Labour Free Movement (le parti travailliste pour la liberté de circulation) sont engagés dans la défense et l’extension des droits de migrants. Le dernier rapport de l’AEIP explique comment la proposition des conservateurs pour une «migration contrôlée »  et des visas temporaires pour les migrants de l’UE permettra aux employeurs d’agir tels des sponsors des travailleurs étrangers de tel sorte à ce qu’ils ne puissent plus changer d’employeur ou d’emploi sans risquer la déportation. Plus encore, la proposition conservatrice renforcera le recrutement « étranger seulement » créant un potentiel développement d’emplois mal payés et du marché noir. 

    Les propositions de l’AEIP et du Labour Free Movement sont les suivantes : liberté de circulation, négociation sectorielles et par branches fixant les conditions de travail standard et les niveaux de rémunération des travailleurs, une révision de la disposition sur les travailleurs détachés dans l’EEE et la fin des principes de dumping social qu’elle contient, forte pénalités aux employeurs non scrupuleux, bannir les pratiques de recrutement seulement étrangers chez certaines agences. 

    Les propositions du Free Movement sont les seules politiques à renforcer le pouvoir de tous les travailleurs et le seul antidote au programme toxique des conservateurs.


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