• Intervention lors de la session du Comité exécutif du PGE à Athènes
  • L’espoir vaincra la peur – En Grèce et en Europe

  • Auteur Alexis Tsipras | 07 Nov 14 | Posted under: Grèce
  • L’impasse de l’austérité est principalement visible en Grèce. Et elle est perceptible dans toute l’Europe. L’austérité, en plus d’être inefficace et sans issue dans la manière d’affronter la crise, s’avère maintenant dangereuse. Parce qu’elle change la nature de la crise, une fois encore.

     

    Au début, de financière en budgétaire, puis de budgétaire en crise de l’économie réelle, et maintenant en début de crise de la désinflation.

    La désinflation est encore un effet secondaire prévisible de l’austérité, qui va aggraver les effets néfastes de toutes les phases précédentes de la crise et va jeter à nouveau l’Europe dans la récession.

    Comme conséquence négative de sa persistance dogmatique dans l’austérité néolibérale, l’establishment politique européen est contraint aujourd’hui à des réajustements de survie, limites mais manifestes.

    Ils sont contraints eux-mêmes de provoquer des fissures dans la muraille qu’ils ont érigée, en s’efforçant d’éviter le pire.

    Voilà pourquoi nous, nous insistons pour que maintenant vienne l’heure de changements politiques clairs en Europe.
    Parce que l’Europe prend un virage à droite serré et dangereux.

    Un virage qui menace de la jeter dans le précipice de la droite, extrême et populiste, qui est à l’affût.

    Une menace qui a déjà fait une apparition significative en Grèce, en France, mais aussi dans le pays autrefois « modèle » en Europe, la Suède.

    Fait qui démontre l’échec politique du projet néolibéral.

    Le risque que l’Europe s’enfonce à nouveau dans la récession et exporte sa propre crise dans l’économie mondiale rend nécessaire un tournant politique radical en Europe.

    Un tournant politique radical qui probablement commencera à partir de la Grèce et de la victoire électorale à venir de SYRIZA.

    Nous demandons le recours immédiat au verdict populaire et un mandat fort pour négocier, avec pour but:

    -          l’effacement de la plus grande part de la valeur nominale de la dette, afin qu’elle devienne viable. Cela s’est fait pour l’Allemagne en 1953. Que cela se fasse aussi pour la Grèce en 2014.

    -          une « clause de croissance » dans le remboursement du restant, pour qu’elle soit servie ainsi par le développement et non par l’excédent budgétaire.

    -          une période de grâce, c’est à dire un « moratoire », à son service pour des économies immédiates de ressources pour la croissance.

    -          exclure le programme d’investissements publics des contraintes du Pacte de Stabilité et de Croissance.

    -          un accord sur un « New Deal européen », avec des investissements publics pour la croissance et le financement par la Banque Européenne d’Investissement.

    -          un assouplissement quantitatif de la part de la Banque Centrale Européenne avec l’achat direct d’obligations d’État.

    Nous demandons un mandat populaire fort pour faire de la revendication du remboursement de l’emprunt forcé, contracté du temps de l’occupation, une position officielle du pays.

    Pour nous ce n’est pas seulement un différend bilatéral, mais une question européenne qui reste en suspens. Parce qu’elle est liée à la clôture définitive du plus douloureux chapitre de l’histoire européenne.

    Et cela nous l’avons exposé clairement à nos partenaires.

    Nous demandons un mandat de majorité parlementaire et de cheminement commun pour mettre un terme immédiatement à l’austérité.

    Seul SYRIZA est garant de la stabilité sociale, économique et politique en Grèce.

    Parce que nous mettrons un terme immédiatement à l’austérité et nous mettrons la Grèce à travailler.

    Parce que nous seuls sommes en mesure de garantir l’emploi, le salaire et la retraite du Grec moyen.

    Il y a deux mois, nous avons développé le « programme de Thessalonique » détaillé et chiffré.

    Le programme du passage de la pauvreté à l’espoir.

    Le « Plan national de reconstruction » non-négociable et immédiatement applicable pour endiguer la crise humanitaire, pour le redémarrage de l’économie, la reconquête de l’emploi et la réforme institutionnelle et démocratique du système politique.

    Après le programme de Thessalonique, le peuple grec sait.

    Il n’y a pas d’incertitude politique pour le lendemain en Grèce.

    C’est une certitude politique universelle que le prochain gouvernement du pays sera un gouvernement SYRIZA.

    La victoire de SYRIZA en Grèce sera une victoire pour tous les peuples en Europe.

    La victoire de SYRIZA en Grèce sera la victoire de l’espoir dans toute l’Europe. En commençant par le Sud.
    Ce sera la défaite de la stratégie de la peur.

    Ce sera la fin de l’austérité.

    Parce que cela nous l’avons bien spécifié dans toute l’Europe avant les élections: l’austérité est incompatible et avec la Gauche et avec l’Europe.

    C’est pourquoi le succès du gouvernement SYRIZA ne concerne pas que le peuple grec.

    C’est l’affaire de chaque citoyen, où qu’il habite en Europe.

    C’est l’affaire de chaque homme libre, qui croit en la démocratie, en la justice sociale, en un État de droit, mais aussi en un État garant de conditions de vie dignes pour ses citoyens.

    C’est pourquoi nous nous ne demandons pas seulement le soutien actif et quotidien du peuple grec au gouvernement SYRIZA.

    Nous demandons l’appui actif des forces sociales et politiques de l’Europe du Sud, mais aussi de toute l’Europe.

    De tous ceux qui s’opposent à l’austérité et veulent que nous donnions tous ensemble, collectivement et solidairement, un nouveau départ à la croissance.

    Et bientôt, grâce à nos combats quotidiens, petits et grands, se lèveront des jours meilleurs pour nos peuples.

    Version complète: http://syriza-fr.org/2014/11/05/intervention-d-alexis-tsipras-lors-de-la-session-du-comite-executif-du-pge-a-athenes/


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