• Compte-rendu de la conférence "Le 'critique' dans l'économie politique critique"

  • Par Sigfrido Ramírez Pérez | 24 Oct 12
  • La conférence intitulée « Le "critique " dans l'économie politique critique » a été organisée par le Réseau de recherche en économie politique critique (CPERN) de l'Association européenne de sociologie. Elle s'est tenue à Barcelone à l'Université Pompeu Fabra les 21 et 22 septembre 2012. Transform ! Europe a été invité à la conférence.

    Le CPERN vise à promouvoir la connaissance critique et émancipatrice, afin de faciliter la compréhension des transformations récentes du capitalisme et des sociétés capitalistes. Mettant l'accent de façon non restrictive sur l'Europe, il est un centre d'échange interdisciplinaire entre la sociologie, la science politique, l'économie, la géographie et le droit. Il s'appuie sur un conseil consultatif composé de prestigieux chercheurs critiques et est présidé par Ian Bruff (Lougbrough University) et Laura Horn (Université de Roskilde, Danemark). Son secrétaire, Mònica Clua-Losada, a aimablement accueilli la conférence de Barcelone à l'Université Pompeu Fabra, avec le soutien de l'orateur principal de la conférence, Vicenç Navarro, l'un des intellectuels critiques les plus remarquables du pays.

    La conférence a eu lieu au moment des mobilisations énormes de ces dernières semaines à Barcelone contre la crise et où une vague nationaliste a réuni indépendantistes de la droite et la gauche dans la rue.Transform ! Europea été invité à présenter sonprojet Akademiaqui vise à proposer différentes voies permettant aux chercheurs de toute l'Europe d'interagir et de travailler ensemble à travers un site collaboratif.

    L'impression générale a été que les travaux ont été extrêmement sérieux grâce aux présentations faites par de jeunes chercheurs et des doctorants des universités européennes. Cela a permis un niveau élevé de débat avec des recherches pertinentes menées sur des sujets d'un intérêt central pour le programme de travail deTransform ! Europe, en particulier les politiques publiques européennes, non seulement économiques, mais aussi les politiques dans les domaines de l'enseignement supérieur et de la santé (session 3). Ces débats très larges allant d'une variété de critiques de l'économie politique (session 1) aux études juridiques (session 5), à l'analyse sociale (séance 6) et à l'histoire et la théorie des événements récents (session 8).

    La discussion a été franche, constructive, avec des idées et des propositions pour améliorer les projets de recherche collectifs ou modifier leur conception. En ce sens, le réseau a rempli sa tâche fondamentale d'articuler des projets individuels ou collectifs de recherche critique pour les rendre pertinents pour la compréhension des questions fondamentales posées par la(les) théorie(s) et pratique(s). L'atmosphère générale était «sine ira et studio cum » (sauf peut-être quand on parlait de théories néo-gramsciennes). Mais la température a augmenté de plusieurs degrés quand Vicenç Navarro a prononcé un discours qui a mis en avant la nécessité fondamentale de la pensée critique, en particulier de l'analyse de classe, pour que les peuples soient capables de comprendre non seulement la crise en Europe et en Espagne, mais aussi de trouver des alternatives. Venant d'un chercheur reconnu comme lui, qui a été un professeur en exil dans plusieurs pays européens et aux États-Unis, la contribution a donné un excellent exemple de transmission du relais aux générations futures. Cela est important car, comme il l'a souligné, toutes les personnes présentes étaient parfaitement conscientes des difficultés pour les chercheurs critiques à trouver des espaces institutionnels dans les lieux de plus en plus compétitifs et conformistes que deviennent les universités, de plus confinées dans leur nouveau rôle de fabrique pour une économie fondée sur la connaissance. En ce sens, également, le réseau a rempli sa mission d'améliorer la connaissance mutuelle et la solidarité entre les chercheurs critiques de toutes les régions d'Europe représentées (la Hongrie, l'Autriche, les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Espagne, la Turquie, l'Italie, la Pologne, la Slovénie, l'Irlande), même si une majorité de chercheurs venaient de pays anglophones ou du Royaume-Uni.

    Comme il n'existe pas encore de structure Transform!Royaume-Uni, il peut être intéressant d'associer des chercheurs critiques de ce réseau à travers le nouveauprojet Akademiapour les encourager à mettre leur travail et, éventuellement, ses implications pratiques à disposition des programmes et des projets deTransform!. Il s'agit d'un défi pour les deux parties : pourTransform !, il s'agit de garder le contact avec les chercheurs « de base » dans les universités tout en veillant à ce que les mouvements sociaux et les partis politiques intègrent leur analyse stratégique et leurs recommandations politiques.

    Le programme de cette conférence, et le développement futur de ce réseau, peuvent être consultés à l'adresse:http://criticalpoliticaleconomy.net/