• La visite de Syriza au Brésil et en Argentine
  • L’austérité en Europe du Sud peut conduire à une résurgence de la récession mondiale

  • Par Andreas Karitzis | 28 Jan 13 | Posted under: Grèce
  • La récente visite officielle de SYRIZA-USF au Brésil et en Argentine a offert l'occasion de rencontrer des représentants des gouvernements, les dirigeants des partis de gauche soutenant les gouvernements ainsi que les partis d'opposition de gauche, des représentants des syndicats, des mouvements de gauche, mais aussi des intellectuels, des universitaires, des artistes et des Grecs de la diaspora.

    Il y a eu plus de rencontres que prévu initialement, avec des rencontres et des entretiens avec les chefs de gouvernement des pays visités (Président du Brésil, Président de l'Argentine, ex-président du Brésil, vice-président de l'Argentine) dépassant nos attentes et soulignant l'importance de cette visite.

    Lors de notre séjour en Amérique du Sud, nous avons eu l’honneur de participer à des événements organisés par divers groupes et organisations, à l'occasion de notre visite. SYRIZA-USF a eu l'occasion de donner un nombre important d'interviews à la télévision, aux journaux et revues.

    SYRIZA-USF a informé des conditions économiques, politiques et sociales en Grèce et a présenté notre analyse de la situation en Europe et, en particulier, en Europe du Sud, marquée par les politiques d'austérité. Nous avons présenté les lignes directrices de notre stratégie et la lutte du peuple grec contre les Memorandums d'austérité et la politique néolibérale imposés brutalement.

    Pendant notre séjour, nous avons pu renforcer les liens avec les partis de gauche et les mouvements dans les différents pays et échanger des points de vues et propositions d'action de coordination ; ce qui, en dépit de l’éloignement géographique de nos pays, est essentiel face à une crise capitaliste mondiale et à une crise sociale généralisée sur le plan international.

    Le résultat le plus significatif de cette visite concerne les pratiques, les informations précieuses et l'ambiance politique au cours de réunions avec les autorités et les représentants des différents courants, sur la situation actuelle dans les pays d'Amérique du Sud et d'Europe du Sud. Les conclusions politiques n'ont pas encore été tirées. Il faut également évaluer et comparer les expérimentations collectées, en lien avec notre analyse précédente, en ce qui concerne la situation réelle dans ces régions. Nous serons alors en capacité de présenter une analyse exhaustive de leur rôle géopolitique. Toutefois, je souhaiterais partager quelques réflexions à l'occasion de cette visite.

    Il est très encourageant d’avoir rencontré des autorités gouvernementales partageant les mêmes vues sur les causes de la crise économique.

    La solidarité et le soutien à la Grèce se sont exprimés dans toutes les rencontres, ainsi que la conviction qu'un terrain d'entente existe et une convergence de vues concernant l'arrêt des politiques d'austérité en Europe et l'existence d'un front populaire, par opposition à la subordination de la société à la loi des « marchés ». Plus précisément, il y a une convergence de vues sur le danger de la mise en œuvre de stratégies d'austérité imposées, dans le sud de l'Europe, ce qui pourrait conduire à une récession mondiale, menaçant les avancées sociales, comme celles obtenues par les populations des pays d'Amérique du Sud, qui ont tenté de suivre une voie alternative au modèle méta-néolibéral.

    Au cours de rencontres avec des fonctionnaires et des mouvements sociaux nous avons eu la chance d’approfondir des questions concernant les méthodes et les programmes adoptés en Amérique latine pour faire face aux graves problèmes sociaux qui ont résulté de l'intervention du FMI et de « l’ouragan » des politiques néolibérales. Un effort de guérison méta-néolibérale est en cours - avec ses propres problèmes et restrictions - pour mettre au cœur de ce nouveau modèle, l'état social et la réorganisation du processus de production. La reprise économique n’est plus perçue comme l'antipode d’une vie dans la dignité et de la richesse publique, comme c'est le cas dans l'orthodoxie néolibérale, mais elle est plutôt liée de façon organique à l’amélioration de la vie des peuples à tous les niveaux.

    Nous avons pu constater que les gouvernements, les partis politiques et les mouvements sociaux (malgré leurs différences) sont engagés dans une course constante contre les banquiers, les « marchés » et les spéculateurs locaux et internationaux afin d'empêcher les privatisations et de protéger la démocratie contre les menaces dirigées par les puissants géants des médias. Cela valide fortement ce que nous avions déjà souligné que, si un gouvernement de gauche prend le pouvoir, ce ne sera pas la fin mais le début d'une bataille permanente visant à la ré-occupation de l'espace public et à l’instauration du pouvoir du peuple. Chacun s’est montré déterminé à empêcher la restauration de la dictature des marchés néolibéraux qui peuvent menacer directement la société et la démocratie.

    Un autre aspect important de tous nos échanges a été l'importance du processus d'intégration régionale de l'Amérique latine, afin de maintenir la souveraineté des peuples contre les marchés et les Etats-Unis, car personne ne peut être vraiment libre là où existent des peuples encore subordonnés.

    Pour conclure, dans ces pays libérés (dans une certaine mesure) de la dictature du FMI, ce qui semble dominer est un processus pour la restauration de la démocratie et du pouvoir des peuples. L’ensemble du progrès de la société, l'établissement du budget, les choix financiers de base, concernent cette démocratie ses liens sociaux pertinents sociaux. La croyance dans les politiques publiques n'est pas une « obsession » de gauche, mais une conviction qui pénètre le monde politique dans son ensemble.


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