• Elections locales en Italie
  • Le grand gagnant est l’abstention !

  • Auteur Roberto Morea | 05 Jul 17 | Posted under: Italie , Élections
  • A gauche, les résultats des élections de juin dernier montrent le succès des listes citoyennes indépendantes qui mettent en avant des propositions plus radicales. Plus généralement, les résultats montrent l’opportunité qui existe d'occuper l’espace politique laissé par le déclin du PD et le manque d’attraction du mouvement cinq étoiles.

    Un des résultats les plus notables est le retour de Berlusconi et de son poids politique.

    Dans la plupart des villes, les élections se sont jouées au deuxième tour, la majorité des maires n’ayant pas réussi à obtenir une majorité absolue nécessaire pour être élu au premier. La participation s’est élevée à 58% des 9 millions d'inscrits et 46% au deuxième tour. La participation est en chute comparé aux 66% des élections locales de 2012. Comme toujours, ces élections dépendent de la relation directe qu’entretiennent élus et électeurs. L’enjeu étant moins national, la couverture médiatique s’en trouve amoindrie.

    Changer l’attitude du public

    Le résultat le plus marquant est la chute du M5S (mouvement cinq étoiles) qui était en hausse jusque là au plan national. Dans de nombreuses municipalités les listes du leader du parti Beppe Grillo n’ont obtenu que 5 à 6%. A Parme, le premier maire du M5S avait été élu puis exclu du parti juste après son élection. Menant une liste citoyenne indépendante, il s’est imposé contre la liste de centre gauche. A Gênes, où avait été expérimentée une votation citoyenne en ligne pour désigner le candidat du parti, Beppe Grillo avait ensuite imposé un autre candidat. Cet incident a coûté au M5S, et lui a fait perdre la confiance de certains de ses électeurs.  Après des années où la gauche avait été à la tête de la ville, le centre droit s’est imposé contre le centre gauche. En d’autres termes, le manque de confiance dans le M5S se fait sentir. Sentiment qui sans doute à voir avec le bilan mitigé du M5S qui avait été à la tête de certaines collectivités.

    L’échec du Parti Démocrate (PD)

    Le Parti Démocrate qui a perdu la majorité de ces duels ne se porte pas mieux. Au premier tour, le PD a réussi à faire élire 29 maires et à se présenter au second tour dans 87 municipalités. Le PD a cependant perdu dans la plupart des cas contre des candidats de centre droit comme à Gênes, Piacenza dans l’Aquila ; ou contre des candidats du M5S comme à Carrara et Guidonia. Pour Matteo Renzi ces élections ne sont donc pas une victoire, d’autant que dans de nombreux cas le PD a dû, pour avoir une chance de gagner, se présenter en coalition avec des listes indépendantes qui contestent son leadership à gauche. Le cas le plus marquant est à Palerme où le PD était dans une coalition qui soutenait le maire sortant Leoluca Orland (un candidat indépendantiste renommé et à la tête de la ville depuis des années), le choix de la coalition faisait largement consensus localement.

    La défaite du PD a provoqué des tensions internes. Même d’importants élus du parti commencent à considérer le potentiel de coalitions, remettant en question le leadership du premier secrétaire et sa candidature pour le poste de premier ministre. Certains cherchent une solution de rechange avec des anciens du parti comme Massimo D’Alema et d’autres. Les manœuvres de la gauche pour proposer une alternative au PS avait commencé le 1er Juillet avec la proposition de l’ancien maire de Milan, Giuliano Pisapia, de proposer un chemin pour le rassemblement des progressistes. D’anciens membres du PD comme les anciens premiers secrétaires  Pier Luigi Bersani et Massimo D’Alema se tournent aujourd’hui vers lui dans la perspective d’un renouveau à gauche.

    La droite en progrès

    A droite, les deux forces (La ligue du Nord et les partisans de Berlusconi) ont célébré leur succès. Berlusconi prend ses distances avec les théories post-électorales et avec la possibilité d’un accord avec Renzi. Il s’agit peut être d’une manœuvre tactique temporaire, mais les résultats vont en effet dans le sens d’une coalition de la droite. Les deux formations sont cependant très divisées sur leur socle de valeurs fondamentales. Le retour de Berlusconi reste un événement politique notable.  

    Instabilité et futur incertain

    Ces résultats arrivent au moment où le débat sur la nouvelle loi électorale a été reporté à Septembre, certaines de ses dispositions ayant été jugées anticonstitutionnelles. Les Italiens avancent dans un été incertain.

    A gauche, les résultats montrent le succès des listes citoyennes indépendantes qui mettent en avant des propositions plus radicales comme à Padua. Plus généralement, les résultats montrent l’opportunité qui existe pour occuper l’espace politique laissé par le déclin du PD et le manque d’attraction du mouvement cinq étoiles.

    A cet égard, l’appel de deux figures majeures de la campagne du référendum (Anna Falcone et Tomaso Montanari) au rassemblement des comités et des forces politiques qui avaient soutenu le Non a été un véritable succès. Une assemblée tenue le 18 juin a lancé un processus qui semble ouvrir une voie pour l’émergence d’une gauche indépendante et prenant ses distances avec le centre-gauche pour les élections nationales. L’espace politique est transparent et clair à lire, représenté majoritairement pas une abstention largement répandue et qui reste le plus grand parti d’Italie à ce jour.


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