• 25 octobre 2016 - 26 octobre 2016
  • Brussels
  • Atelier pour une transformation productive
  • L’Europe mérite mieux : Construire des alliance pour un nouveau modèle de développement

  • En coopération avec l’institut Nicos Poulantzas et le bureau de Bruxelles de la Fondation Rosa Luxembourg, transform! souhaite vous présenter les résultats de son travail sur la transformation productive de l’Europe et échanger nos vues sur des programmes similaires proposés par d’autres forces progressistes.

    Ces deux jours d’atelier rassembleront des syndicalistes, des réseaux d’économistes hétérodoxes, des fondations et des partis politiques progressistes. Ils seront un premier pas vers la construction d’une plateforme commune qui sera la base d’une conférence publique en 2017 où de nombreux d’acteurs et d’organisations présenteront leurs idées pour un nouveau modèle de développement de l’Europe.

    L’Union Européenne est elle sur le point de s’effondrer? Ces dernières années, nous avons assistés à une série d’événements qui tendent du moins à suggérer un tel scénario. Comment ne pas le penser lorsque Syriza, à la tête du gouvernement grec, a été forcé de signer le plus brutal mémorandum antisocial et économiquement destructif de tous les memoranda, imposé le 13 juillet 2015, jour même où la majorité des Britanniques décidaient de quitter l’Union Européenne (créant ainsi un vide politique sans précédant) ? A cela, il faut également ajouter que la zone Euro n’a pas échappé à la stagnation économique. Selon les derniers chiffres de Eurostat, 19 des membres de l’Euro zone ont en moyenne bénéficier d’une croissance que de 0,3% tandis que le taux de chômage moyenne avoisine les 10% avec des inégalités nettes entre les pays.

    Une économie léthargique n’offrant pas ou peu de perspectives, une peur de « perdre le pouvoir dans son propre pays » habilement mise en scène par l’extrême droite, et le danger –réel cette fois– d’un déclassement pour soi ou ses enfants sont autant de facteurs qui expliquent pourquoi les européennes sont si nombreux à se lancer dans les bras des forces politiques sociales-chauvines ou ouvertement xénophobes. Le vote du Brexit doit être compris comme le dernier exemple en date de cette tendance. Un rapide coup d’œil aux résultats montre une division claire entre les gagnants et les perdants de la mondialisation. Les électeurs des classes populaires ont massivement soutenu la sortie de l’UE et ont utilisé le referendum pour exprimer leur indignation à l’encontre de l’ensemble de la classe politique tout en rejetant fortement l’adhésion de leur pays à l’UE, celle-ci étant considérée comme une cause majeure de leurs problèmes. Les populistes d’extrême droite ont mis de l’huile sur le feu accusant les immigrés d’être responsables de l’effondrement de la protection sociale, dissimulant ainsi la responsabilité des politiques néolibérales employées  depuis plusieurs dizaines d’années et ayant démantelés les droits sociaux et le droit du travail.  Sans même prendre en compte ces éléments, le vote du Brexit révèle avant tout un sentiment profondément ancré de défiance vis à vis de la capacité de l’Europe à répondre aux préoccupations et besoins des citoyens.

    Dans ce contexte, une Europe plus juste, plus démocratique et plus sociale demande une coopération authentique des organisations progressistes, spécialement face aux défis qui nous attendent. Il est nécessaire d’en préciser certains et d’exprimer ce qui nous semble devoir être fait. Il faudra s’opposer à la normalisation des formes précaire de l’emploi, à l’augmentation des inégalités sociales et au dumping social entre et dans les pays européens  ainsi que surmonter les asymétries grandissantes entre le cœur et la périphérie de l’Europe. Pour ce faire, une vaste politique industrielle de l’UE faisant partie d’une stratégie plus générale de transformation productive de l’Europe est nécessaire et jouera un rôle fondamental. Le concept de « transformation productive » n’implique pas seulement la reconstruction des capacités productives européennes mais également l’établissement d’un nouveau modèle de développement qui intègre les impératifs sociaux et écologiques. Les politiques d’intégration européennes sont en jeu. L’Europe pourrait s’effondrer si les forces progressistes politiques et sociales –unies dans leurs diversités– échouent à s’allier pour promouvoir une politique industrielle progressive de l’UE. Etant donné l’état actuel du rapport de force en Europe, nous croyons que nous n’avons pas le luxe de pouvoir échouer dans cette tentative.

    Pour contribuer à forger une telle alliance, nous voudrions inviter des syndicalistes, des réseaux d’économistes hétérodoxes, des fondations et des partis politiques progressistes à s’asseoir autour de la même table pour discuter de leurs points de vue respectifs concernant un tel nouveau modèle de développement pour l’Europe.  Notre objectif est de déterminer les points de convergences que nous pourrions mettre ensemble en avant et préparer ensuite une grande conférence européenne, ouverte au public qui se tiendra à Bruxelles au début de l’année 2017, avant les élections générale en France et en Allemagne.  Nous voyons ce travail préparatoire en vue de la conférence comme un premier pas vers la création d’une plateforme commune de revendications qui servira de base à des actions communes entreprises par la suite dans un agenda à déterminer.

    Contact et Inscription:

    Maxime Benatouil
    benatouil (at) transform-network.net