• 31 janvier 2022 - 31 janvier 2022
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  • Appel à contributions (date limite : 31 janvier 2022)
  • L'écologie politique du travail en temps de désastre. La 57e conférence de l'ITH

  • L’irruption de la pandémie mondiale a posé un défi radical au monde du travail. Les mesures de confinement et autres politiques de santé publique ont resegmenté les marchés du travail, redistribué les droits et consolidé les privilèges. Le télétravail a explosé, et, parallèlement, les travailleur·euses jugé·es « essentiel·les » ont continué de risquer leur santé dans les services, les soins, les abattoirs et les exploitations agricoles. Tant dans le Sud global que dans le Nord global, la législation du travail a régressé et les voix syndicales ont été étouffées.

    La conférence ITH 2022 part de la crise épidémiologique actuelle pour réfléchir aux autres périodes de catastrophe et à leurs conséquences sur les travailleur·euses, les luttes du travail et les relations de travail. Les sujets traités couvrent les catastrophes écologiques telles que les tremblements de terre, les inondations ou les sécheresses ; les catastrophes technologiques comme Fukushima en 2011 ou la tragédie du gaz de Bhopal en 1984 ; les crises sanitaires telles que les épidémies et pandémies, comme la peste, la pandémie de grippe à la fin de Première Guerre mondiale ou encore la pandémie actuelle de Covid-19.

    Aucun désastre n’est purement naturel. Une catastrophe se développe dans des contextes environnementaux, sociaux, économiques et politiques, lesquels déterminent en dernier ressort l’impact d’une catastrophe. L’intervention humaine joue un rôle important dans le déclenchement de tels événements. C’est la société humaine, et non la nature, qui est en situation de crise du fait des virus, des changements géologiques ou climatiques ; c’est la société humaine qui produit les catastrophes technologiques ; ce sont les interactions géo-écologiques entre les humains (la société) et la nature qui peuvent conduire à des risques biophysiques. L’impact social et économique d’un risque est déterminé par la nature et l'étendue de la vulnérabilité de la société. C’est cette vulnérabilité sociétale qui transforme un risque en catastrophe, une endémie en épidémie.

    La qualité avec laquelle les sociétés se préparent aux catastrophes, les gèrent dans l'instant, et se rétablissent ensuite, dépend de leur vulnérabilité sociale, politique, économique et culturelle et de leur capacité à absorber ces chocs (leur résilience). Lors de la conférence ITH 2022, nous nous concentrerons sur la façon dont le domaine du travail a été affecté par les catastrophes et les a, en retour, abordées, dans une perspective à la fois de long et de court terme. Nous examinerons ce sujet au prisme de l’écologie politique, c'est-à-dire en adoptant la perspective à la fois de l’histoire environnementale et de l’économie politique marxiste.

    De nombreux facteurs accroissent la vulnérabilité des travailleur·euses et leur capacité à surmonter les chocs : facteurs environnementaux, économiques ou institutionnels. L’étude des catastrophes via une approche d’écologie politique permet d’analyser ces facteurs de manière combinée. Dans une perspective d’écologie politique, nous voyons que l’expansion du capitalisme et l’exploitation du travail et de la nature qu'lle provoque ont eu pour conséquence d'aggraver la vulnérabilité des travailleuses et des travailleurs face aux aléas : elles ont souvent détérioré leurs moyens de subsistance et affaibli les institutions communautaires (les communs par exemple), créant en outre les conditions préalables à l'émergence de catastrophes d’origine environnementale. Ces conditions préalables se matérialisent diversement en fonction du contexte sociétal – une hétérogénéité qui doit être explorée.

    Nous vous invitons à produire des contributions qui explorent les questions suivantes :

    • Comment ont été vécues et interprétées les différentes formes de catastrophes passées et présentes par les travailleurs et travailleuses ?
    • De quelle manière la main-d’œuvre organisée contribue-t-elle à définir l'issue d’une catastrophe ?
    • Quels sont les effets à court et à long terme des catastrophes sur les travailleur·euses et le travail ?
    • Quel est l’impact politique d’une crise épidémique sur le travail ?
    • Qui sont les travailleurs et travailleuses impliqué·es dans les secours face aux catastrophes ?
    • Y a-t-il des opportunités de nature progressiste à l'issue des catastrophes ?
    • Quel est la conséquence des catastrophes et des crises sur les schémas observables de circulation des travailleur·euses et de migrations ?
    • Les observations permettent-elles de différencier les effets des catastrophes en fonction des catégories raciales, ethniques ou de genre ?
    • L’Anthropocène a-t-il modifié les catastrophes / conduit à davantage de catastrophes ?
    • Quelle adaptation y a-t-il eu de la part des travailleur·euses face aux catastrophes, par exemple via des mouvements sociaux, la solidarité, etc. ?
    • Comment les interventions publiques, le droit et la législation ont-ils contribué à atténuer l’impact des pandémies et d’autres crises, et quelle est ici l'influence des travailleur·euses ?

    Modalités de soumission

    Les propositions d'articles incluront :

    • Résumé (max. 300 mots)
    • Notice biographique (texte rédigé, max. 200 mots)
    • Adresse postale complète et adresse e-mail

    Le résumé de l'article proposé doit contenir un paragraphe distinct expliquant comment et (le cas échéant) à quel(s) élément(s) ou quelle(s) question(s) de l’appel à contributions l'article proposé fait référence. Un court CV fournira des renseignements sur les contributions du candidat au domaine de l’histoire du travail, de façon générale, et précisera (le cas échéant) les publications pertinentes. Nous invitons les candidates et candidats à joindre, à titre d’information, une copie de l’une de ces publications à leur candidature.

    Les propositions seront envoyées à notre responsable de conférence Laurin Blecha : conference@ith.or.at

    NB : Cet appel à contributions a été rédigé et publié en anglais. Pour lire l'appel à contributions dans sa version originale, c'est ici.

    Publication de la conférence

    En règle générale (c'est-à-dire à de rares exceptions près), l'ITH édite et publie sous forme d'ouvrage les articles produits pour ses conférences. Depuis 2013, les publications des conférences de l'ITH paraissent dans la collection des Brill’s Studies in Global Social History dirigée par Marcel van der Linden. L'ITH encourage les participant·es à la conférence à soumettre leurs articles en vue de ce projet de publication. Les personnes coordonnant la publication retiendront les articles de haute qualité.

    Calendrier

    Envoi des propositions : 31 janvier 2022
    Notification des résultats si acceptation : 28 février 2022
    Version complète des articles ou des présentations : 15 août 2022

    Groupe préparatoire

    • Rolf Bauer, ITH, Vienne
    • Adrian Grama, Institut Leibnitz de recherches sur l'Europe de l'Est et du Sud-Est (IOS), Regensburg
    • Chitra Joshi, Association of Indian Labour Historians (AILH), New Delhi
    • Stefan Müller, Friedrich Ebert Stiftung (FES), Bonn
    • Susan Zimmermann, ITH, Vienne

    L'ITH et ses membres

    L'ITH est l'un des forums d'histoire du travail et des mouvements sociaux de réputation mondiale. L'ITH favorise la recherche qui s'inscrit dans une perspective inclusive et mondiale et les réflexions comparatistes ouvertes. Fidèle à sa tradition de coopération avec les organisations du mouvement syndical, l’ITH met également l’accent sur la diffusion de la recherche au-delà de la seule communauté universitaire. Actuellement, l'ITH compte environ 100 établissements membres et un nombre croissant de membres provenant des cinq continents.

    Information sur les publications de l'ITH au cours des 50 dernières années :
    https://www.ith.or.at/en/publications/

    Formulaire en ligne pour devenir membre de l'ITH :
    https://www.ith.or.at/en/membership/


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