Atelier sur la situation actuelle des partis populistes et d'extrême droite en Europe

Depuis le début des années quatre-vingt-dix du siècle dernier, certains partis populistes et d'extrême droite, avec des caractéristiques spécifiques dans chaque pays, sont apparus et se sont développés à travers l'Europe. Certains d'entre eux sont des partis et des mouvements ouvertement fascistes et néo-nazis, surtout en Europe de l'Est, mais pas seulement. À cette époque, ces nouveaux phénomènes sont apparus dans le contexte de l'effondrement de ce qu'on a appelé le socialisme réel et de la crise profonde des vieux partis communistes et de gauche, principalement en Europe occidentale. En question était la représentation politique des couches populaires et des couches inférieures de la classe moyenne (l'ancienne « petite bourgeoisie »). Ce furent des effets des politiques néolibérales (crise de l’État social, de l'État providence, privatisations, mondialisation et dévaluation du travail, etc.). En Italie, c'est sur ce fond qu'a émergé la Lega Nord et, plus tard, le populisme de Berlusconi. La première peut être comprise comme une critique des vieux partis politiques (comme une attitude anti-politique ", Roma ladrona / Rome, la voleuse) en mettant l'accent sur une forte identité régionale et en la combinant avec de fortes références symboliques. Ce qui a pu être considéré comme une nouvelle version du vieux bonapartisme (« ce sont les gens qui m'ont élu, donc la démocratie, les règles et la Constitution elle-même, etc. sont des contraintes à supprimer pour arriver à des décisions rapides pour le bien de notre peuple »).

Ce cadre est toujours valable pour expliquer la présence et le danger de la droite populiste et son développement avec la crise économique actuelle. Le vrai danger est le glissement vers la droite comme sortie de la crise. La mondialisation et, en Europe, les décisions prises en dehors de chaque État national (BCE, UE, le FMI, les « marchés », le nouveau et terrible Yahweh de l'Ancien Testament), l'évidente aggravation des conditions de vie des couches populaires et des couches inférieures de la classe moyenne, la frustration et la nécessité de compensations symboliques, la construction d'un ennemi (les migrants, les Roms, les étrangers ou d'autres groupes minoritaires vivant dans le même pays, etc.), les dangers de la crise environnementale (l'eau, la terre, le climat, etc.) - tout cela contribue à la menace d'une aggravation de ces phénomènes. Le défi pour les partis de gauche en Europe est très grave, très urgent.

L'objectif de l'atelier que la Fondation Rosa Luxemburg, Transform! Europe et l'Associazione Culturale Punto Rosso organisent les 9 et 10 mars 2012 à Milan (Italie), est d'analyser la situation actuelle du point de vue théorique (dans la première partie) et de proposer quelques études de cas (dans le second partie). Mais le but est aussi de contribuer à la stratégie des partis de la Gauche européenne pour lutter contre ces phénomènes. À cette fin, nous avons élaboré un questionnaire pour chaque membre de Transform! Europe afin d'obtenir plus d'informations sur les partis populistes et d'extrême droite dans leur pays. Nous envisageons de publier un livre avec les contributions et les décisions de la conférence et les résultats du questionnaire.